L'économie de l'immédiateté: le marché du DVD
(The Economy of Immediacy: The DVD Market)
Nathaniel Pope et Akari Okamune

    De nos jours l’économie du cinéma est profondément affectée par l’émergence de l’ère numérique. Notamment, le domaine de l’Internet, qui  « ne connaît pas de frontières », a un grand effet sur le marché de l’audiovisuel, surtout sur le vente des DVD en créant et nourrissant une véritable demande parmi les spectateurs pour une immédiateté et une interopérabilité de sorties. On exige de plus en plus une rapidité de sorties aux systèmes de diffusion et on exige à tous les genres de support des compétences optimales à visionner les films. Quels sont les avantages et quelles sont les conséquences du haut débit sur l’industrie du film qui continue à être bombardé par les nouvelles technologies et qui souffre du penchant des consommateurs pour la vidéo à la demande (VOD)? Et en particulier, quels sont les effets que la demande pour l’immédiateté a commencé à avoir sur sa propre structure de marché du DVD? Cela dépend aussi si le marché est particulier. En France, le cinéma reste une industrie de régulation confrontée à de nouveaux supports de diffusion, menaçant de faire bouleverser l’industrie en défiant la chronologie des médias classique. Par conséquent, il y a une divergence constante entre la demande des spectateurs pour une sortie immédiate sur n’importe quel support et l’offre assez restreinte des grands entreprises audiovisuelles ayant du mal à fournir cette demande.

    Mais comment tenir compte de ces innovations technologiques dans une telle économie? En outre, comment tenir compte d’une telle innovation dans un pays où il est très important de protéger  « l’exception culturelle ».  Pareillement, quelles sont les conséquences de la régulation extrême du gouvernement par le Centre national de la Cinématographie (CNC) sur l’introduction des nouveaux médias sur le marché hexagonal? Plus important, comment protéger la culture française alors que celle-ci permet aussi l’innovation technologique qui suscite une croissance économique?  Bien que la réponse ne soit guère claire on peut commencer à y répondre en explorant les actualités. Par l’intermédiaire de l’évolution quotidienne du marché, on va voir comment l’envie d’immédiateté nourrit mais modifie lentement le marché du DVD face à une telle régulation.

    Pour commencer, il est nécessaire d’aborder le fondement qui pousse toute l’activité économique dans le secteur audiovisuel d’aujourd’hui : la chronologie des médias. Ce calendrier d’exploitation du film de cinéma est « destiné à optimiser sa valorisation sur de nombreux supports : d’abord la salle de cinéma, suivi six à douze mois plus tard par la vidéo, puis par les chaînes payantes (douze mois après la sortie pour Canal+, qui peuvent être ramenés à neuf par dérogation), enfin par les chaînes gratuites coproductrices (deux ans) et les autres chaînes (trois ans) ». Selon un dossier du Premier ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, il y a plusieurs obligations de diffusion dans l’ère numérique, le plus important étant la chronologie de médias. Donnedieu maintient que ces dispositifs ont été établi  « pour protéger les exploitants de salles de cinéma contre la concurrence de la télévision et des supports enregistrés ». Autrement dit, on doit protéger « l’exception culturelle » en soutenant le dispositif mis en place pour aider la production française. La diffusion au compte goutte  maximise les recettes et donc les fonds de soutien et la production. Donnedieu ajoute que « progressivement, il est apparu qu’indépendamment de l’intervention du législateur, la chronologie des médias resterait un aspect essentiel de la stratégie commerciale des ayant-   droits ». Mais si l’intervention du législateur n’est pas nécessaire pour maximiser les recettes, pourquoi ne pas le laisser faire? Cependant, Internet donne naissance à plusieurs nouveaux modes de diffusion (VOD, téléchargements légaux, P2P, etc...) qui menacent ce système et la chronologie des médias en particulier.

    Jusqu’à récemment, la VOD n’existait pas légalement en France car elle permettait un contournement possible du dispositif de la chronologie des médias. À la fin décembre 2005, la VOD a enfin trouvé sa place lorsque Donnedieu a régularisé la situation. Il a signé un protocole d’accord avec les organisations professionnelles du cinéma, les fournisseurs d’accès à Internet, Canal+ et France Télévisions. Cet accord a « officialisé » la naissance de la VOD en « autorisant la diffusion à la demande des oeuvres cinématographiques sur Internet sous différentes formes (location, vente à l’acte ou à l’abonnement) ».  Plus important encore, ce protocole stipule que les films pourront être proposés en VOD « dans un délai de 33 semaines à compter de la sortie en salles ». Thoreaux note que ce délai d’environ 8 mois est deux mois plus longs que la sortie en DVD. Partir l’immédiateté ! Néanmoins, Donnedieu soutient que cet accord « démontre qu’Internet peut constituer à terme, s’il est régulé, un extraordinaire outil de circulation des oeuvres et de la diversité en Europe ». Par conséquent, cet accord laisse entrevoir le grand mouvement audiovisuel attendu en France. Néanmoins, bien que le marché français émerge dans le champ de la VOD, Hollywood continue d’en profiter.    

    Avant d’aborder plus précisément le marché hexagonal, il est essentiel d’évaluer le nouveau mouvement des grands studios d’Hollywood qui ont récemment introduit des services de téléchargement qui permettent au spectateur d’acheter des films en ligne, une immédiateté sans précédente. Bien que six grand studios de cinéma (Warner Bros., Universal, Sony, Paramount, Twentieth Century Fox et MGM) se soient lancés dans la vente par Internet de film cette année, ces longs-métrages disponibles sur Moviebeam et CinemaNow aux Etats-Unis « ne pourront toutefois pas être gravé pour permettre leur lecture sur un lecture DVD ». Cette offre est ainsi privée d’une interopérabilité. De la même manière, Universal Pictures a aussi annoncé le lancement d’un nouveau service d’essai qui permettrait aux cinéphiles britanniques de télécharger le film King Kong et d’autres titres hollywoodiens connus du site « Lovefilm ». Par contre, l’introduction de cet achat par téléchargement offre non seulement l’immédiateté aux consommateurs, mais aussi l’interopérabilité. Le service qui a commencé le 10 avril pour coïncider avec la sortie de King Kong en DVD permet à l’internaute non seulement de télécharger le film pour le regarder sur PC mais aussi pour certains autres appareils portables. En outre, le consommateur va recevoir une copie du film par courrier lisible sur un lecteur DVD. Selon Dawn Chmielwski de The Los Angeles Times ce service « offre un aperçu de l’avenir du divertissement en ligne ». De plus, elle note que « bien qu’il soit limité à un seul studio et 35 titres, le service signale un moment tournant pour Hollywood qui a été peu motiver à vendre des téléchargements permanents des films des majors au risque de contribuer au piratage ou d’éclipser ses DVD [ces deux craintes font apparaître toute sorte de résistance à la VOD en France] ». Si l’expérience de Lovefilm prend en Grand Bretagne, des analystes s’attendent à ce que d’autres entreprises du même genre se lancent aux Etas-Unis.

    Malgré l’immédiateté fournie par cette nouvelle forme de diffusion,  il y a deux problématiques pesantes, la première étant la possibilité d’éclipser la vente des DVD et la deuxième étant de lutter contre le piratage. Selon Pierre-Yves Dugua de Le Figaro, « Hollywood court-circuite le marché du DVD » en offrant leur films par téléchargement. Elle révèle qu’une amélioration de la technologie du VOD « pourrait alors faire exploser le nouveau mode de distribution ». De plus, elle souligne que « les sociétés de logiciels, comme Microsoft, et d’équipements, comme Cisco et Intel, collaborent avec les studios pour mettre au point une technologie qui permettre facilement de regarder sur écrans de télévision des films téléchargés depuis Internet » au risque d’éclipser les ventes des DVD. D’autre part, Eric Pfanner de The International Herald Tribune soutient qu’« Hollywood emploie une nouvelle stratégie contre le piratage » en fournissant leur films sur Internet. Il maintient que l’industrie « piqué par le copiage illégal des DVD et l’échange des films en ligne, embrasse la diffusion numérique pour éviter les problèmes qui harcèlent l’industrie musicale ». Cette logique insinue que si l’offre existe, les internautes vont se tourner vers les téléchargements légaux. Peter Smith, président de Universal Pictures International ajoute que « l’offre des téléchargements permanents peut révolutionner complètement la façon de regarder un film comme l’industrie du divertissement change assez rapidement avec l’introduction des nouvelles technologies. » Au moins, le marché du téléchargement fournit l’interopérabilité et une immédiateté accrue aux spectateurs, ce qui permet de vendre plus de DVD, combattant ainsi le piratage.

    Cependant, on doit examiner respectivement chaque nouvelle forme de diffusion et leur modèle économique dans ce contexte (éclipse-piratage) afin de mieux comprendre leurs avantages et leurs risques. Une analyse sera brièvement faite en comparant Movielink, CinemaNow et Lovefilm. Pendant que Movielink et CinemaNow offrent seulement leurs films par téléchargement 30 à 45 jours après la sortie en DVD, Lovefilm offre aussi leurs films par téléchargement mais il sont disponibles la même date que la sortie en DVD et offre en plus une copie sur DVD. Selon leur modèle économique de vente du DVD, MovieLink et CinemaNow risquent de bouleverser le marché du DVD par de leur offre de substitution. D’autre part,   Lovefilm offre un bien complémentaire, un « tie-in » (quand on achète un DVD on peut le télécharger aussi). De cette façon, leur modèle économique du DVD ne change guère, mais subit seulement des petites modifications afin de satisfaire les exigences modernes des spectateurs qui veulent acheter et regarder un film rapidement après sa sortie (ne se souciant pas de la chronologie des médias) et sur n’importe quel support. Ben Feingold, président de World Home Entertainment chez Sony Pictures conclut en disant que « l'important, c'est d'embrasser le futur : respecter le marché du DVD tout en allant de l'avant dans la distribution numérique ». Lovefilm le fait avec une offre extensive.        

    Bien que ces nouveaux supports et formes de diffusion offrent une façon de doper les ventes des DVD et tout en luttant contre le piratage, ils pourraient aussi provoquer de nombreux risques de bouleversement du système mis en place depuis quelques années en France, connaissant un succès que dans la production française. Ici on parle encore de la chronologie des médias face à la VOD et aux nouveaux mouvements de téléchargement d’Hollywood; la question la plus pesante étant la place de la VOD dans la chronologie des médias. Malgré au sujet de sa légalité dans les limites d’une régulation (voir au-dessus), la réponse est discutable et pas sans mésententes, révèle Emile Leveque dans un article sur le décalage entre l’offre des professionnels du cinéma et les réclamations des FAI. Il note que « la vidéo à la demande est présentée comme la parade indispensable au piratage de films sur Internet », évidente dans les nouveaux mouvements d’Hollywood se tournant vers la VOD. Il continue par : « à ce titre, l’industrie du cinéma se mobilise pour développer [continuellement] une offre légale de diffusion de films sur Internet ». Comme indiqué plus tôt, ce marché a le potentiel d'être équivalent à celui du marché du DVD car il permet aux acheteurs de recevoir les films qu'ils achètent par téléchargement (comme chez Lovefilm), offrant beaucoup plus de l'interopérabilité et l’immédiateté désirée.

    Mais où se place une telle interopérabilité combattant le piratage dans le contexte de la chronologie des médias? Selon Pascal Rogard, directeur général de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), « il faut maintenir une protection sur les salles et la télévision à péage ». Ainsi, « il ne faut pas qu’un moyen de distribution en ligne soit un obstacle à ce système ». En d’autres termes, Rogard soutient que même si de nouvelles formes de distribution surgissent avec le potentiel de révolutionner le marché en aidant la lutte contre le piratage, on ne doit jamais bouleverser le système classique, qui est bien essayé et analysé. À partir de la, il continue à noter que, « de toute évidence, la distribution de films sur Internet en VOD se situerait entre six mois, moment des sorties en vidéo, et neuf mois, moment de diffusion des films via la télévision à péage. » De plus, Rogard affirme qu’« il ne faut pas raccourcir ces délais, sans quoi ce sont les sorties en salle qui pourraient en pâtir ». Rogard consent ainsi à l'innovation de la VOD et au téléchargement des films aussi longtemps que celui-ci fasse partie des confins archaïques de la chronologie des médias. Autrement dit, Rogard résiste aux nouvelles confrontations qui peuvent violer le système traditionnel de sortie. Et plusieurs violations existent. 

    Entrer l’affaire subversive de « Bubble », le nouveau film de Stephen Soderbergh, qui transgresse fortement la chronologie des médias en offrant une rapidité et une plénitude de sortie. Ce film, sorti en janvier 2006 aux Etats-Unis, est sorti en même temps en salle, en DVD, et même sur le câblé payant « Hdnet ». Les producteurs, Soderbergh et ses deux autres associés, Todd Wagner (financer) et Marc Cuban (propriétaire du HDnet), avaient pour but de « prouver que le contenu prime sur le media ». De plus ils veulent prouver que « la technologie numérique permet de brûler les étapes classiques afin d’offrir aux différents publics le choix de voir un film à l’endroit et dans le format qui leur convient le mieux ». En ceci Bubble a essayé de faire plaisir aux consommateurs et doper les chiffres d’affaires. Le film n’a cependant pas eu un grand succès auprès des salles de cinéma car seulement 33 salles ont accepté de le projeter, de peur de ne pas rentrer dans leurs fonds. Néanmoins, il est important de noter que 2929 Entertainement, la société de Stephen Soderberg, prévoit que le film va finalement rentabiliser grâce aux ventes en DVD. Selon Okada Toshikazu de Fujiisankei Business, « malgré un grand échec en salle (environ 10,0000 de dollars par semaine), les producteurs soutiennent à escompter le chiffre brut surtout avec le vente de DVD, va surpasser trois ou quatre fois plus que la dépense de la production ». De plus, ces démarches avaient pour but de réduire les frais de marché : de l’exploitation et de promotion (ce qui est plus important pour les films qui n’ont pas un gros budget). Bien que la société aie l’intention de sortir sept ou huit films de plus de la même façon,  le prix du DVD sera légèrement plus cher qu’un DVD ayant suivi la chronologie des médias. En utilisant ce mode de parution, on peut s’apercevoir que l’intention majeur de Soderbergh est de vendre le plus possible de DVD, la sortie en salle servant à faire de la publicité car la plupart de spectateurs préfèrent regarder les films chez eux.

    D’autre part, un décalage international de sortie confronte de plus en plus la chronologie des media. Dans une enquête récente de Cinéma chez soi intitulé « Acheter ses DVD à l’étranger: Écran noir su la toile » Pierre-Yves Thoreux et Franck Kantor revelent qu’ « un décalage de commercialisation » a mené à « la possibilité de s’offrir le DVD bien avant sa commercialisation sur le marché hexagonal, d’importer des versions originales parfois difficile à trouver en France ». Cela est le cas pour des films avec des sorties échelonnées : ceux qui ont leurs premières sorties à l’étranger suivi de leur sorties en France. Par la suite, la sortie en DVD commence aussi à l’étranger, suivi de la sortie en France. Par exemple, Kantor et Thoreux ont trouvé en ligne « la disponibilité en DVD du film L’exorcisme d’Emily Rose par Scott Derrickson, alors même que le film était encore à l’affiche en France! » Apparemment, ce film a été distribué en France tardivement, le 7 décembre 2005, soit trois mois après sa sortie en salles en Amérique du Nord. En revanche, le DVD a été disponible sur Internet le 20 décembre en Zone 1 « alors que le film était toujours en salle en France ». Il y a aussi d’autres exemples. En ceci, Kantor et Thoreaux remarquent que malgré la facilité de commercialisation par Internet, « l’achat des DVD à l’étranger est finalement truffé de pièges » et constitue « une démarche réprimandée par la loi » menaçant la chronologie des médias en France. À l’exception des risques encourus sur les solutions de paiement, « le risque majeur est autre : car en achetant un DVD, l’internaute se place de fait dans le cadre des lois protégeant la propriété intellectuelle ». Par exemple, selon le Marché commun et la libre circulation des marchandises adopté par les Etats de l’Union européenne en 1993 on doit payer la TVA chaque fois qu’on achète un DVD. Cependant, « un commerce en ligne entre en conflit avec [ces] règles de la commercialisation des vidéos » car on ne paie pas la TVA lorsqu’on importe des DVD d’un pays hors communauté européenne. Il est important d’ajouter que lorsque ces taxes sont contournées, on ne finance pas la production française, aucun argent étant versé au CNC. Par conséquent les fonds de soutien subissent aussi ces fraudes.

    En outre, on peut se demander si Internet va « finalement faciliter la libre circulation des oeuvres ou au contraire protéger les circuits de distributions classiques et donc les ayants droit ». Est-ce que c’est nécessaire d’interdire l’importation des DVD étrangers pour protéger la chronologie des médias en France? Ainsi, l’article déduit que l’acte d’« Importer un DVD du Canada ou de Belgique, même en VOD, est illégal dès lors que cela entre en infraction avec la chronologie des médias ». En revanche, l’article reconnaît que « la facilité de dézonage des lecteurs DVD ou encore le développement de la VOD sont autant d’éléments en faveur d’une reconsidération de la chronologie des médias par les industries ». Mais ces alternatives sont-elles viables et peuvent-elles protéger la production française?

    D’une perspective économique, les nouvelles activités concurrentielles du marché français telle que l’importation des DVD étrangers, soit en DVD, soit en VOD s’agirait d’une pratique qui pourrait libérer le consommateur et obliger les salles à fermer, provoquant de sérieuses répercussions pour l’industrie de film en France. C’est pourquoi le Premier Ministre de la culture et de la communication a renfoncé les dispositifs de la chronologie des médias (voir au-dessus) pour protéger l’industrie française tout en soutenant le dispositif mis en place pour le financer. Bien qu’Internet continue à donner naissance aux nouveaux modes de diffusion qui, sans régulation, menacent le système français des sorties, comme par exemple la VOD, les téléchargements, ou  l’achat à l’étranger, Internet permet aussi de faire bouger d’autres systèmes économiques comme au Japon où le marché s’appuie sur des formes de diffusion dont la différence de temps entre la sortie en salle, DVD ou VOD est très courte ou inexistante.

    Au Japon, depuis janvier 2005, des sociétés de production du cinéma ont commencé a lancer leur films simultanément sur des sites Web payant et dans les salles de cinéma comme avec le projet Cinema4U produit par Toei Video en collaboration avec Yahoo Japon. Par exemple, le projet dit “Movie Hustle” réunit trois sociétés de métiers différents: l’International Cinema Federation (DVD), le Nippon Telegraph and Telephone Coporation (VOD) et l’ArtHouse (exploitants). Ensemble, ils ont fait sortir un film en salle au même temps qu’en DVD et en VOD. Ces projets qui sont devenu une réalité proviennent une nouveau niveau d’immédiateté peu connu avant avec le but de faire connaître des jeunes artistes (faute d'aides financières manquantes et de budgets très restreints, seulement un petit nombre peut faire aboutir un projet de film), de réduire les coûts de promotion (prenant une grande part dans le budget d'un film, cela permet de réduire les risques financiers et donc donner plus d'occasions aux jeunes artistes) et de s’adapter au cinéma japonais (qui n’a pas un gros budget).  Cela a aussi pour but de faire connaître et permettre aux personnes qui habitent dans des endroits éloignés des salles de cinéma, ou qui n’ont pas la possibilité d’aller en famille au cinéma (revenant à très cher à cause du nombre de personnes dans la famille). En outre, on peut noter que le prix des tickets de cinéma est vraiment élevé au Japon (environ 1800 yen (14 euros) par ticket) en expliquant l’abondance des services de téléchargement et les sorties rapides en DVD. Le projet permet aussi aux internautes de laisser des commentaires filmiques, de répondre à des enquêtes afin de connaître les besoins et les envies des personnes visionnant les films par Internet et de ce fait, mieux répondre aux exigences du consommateur. Ces sociétés considèrent aussi que grâce à l’Internet, le nombre de personnes désirant voir des films, que ce soit au cinéma ou chez eux, va aller en augmentant car ces nouvelles technologies ouvrent de nouvelles portes à l’accessibilité au film, influençant de manière positive le Box-office.

    D'autre part, une version japonaise de CinemaNow (appelée CinemaNowJapan) est apparue en juin 2005, proposant les mêmes services (téléchargement possible le même jour que la sortie en DVD, stockage sur disque dur, etc...) que la version américaine très connue. Cette version japonaise, contrairement à Cinema4U et Movie Hustle qui proposent pour l'instant que des films japonais, permet aussi de visionner des films américains et internationaux. Pourtant, le système de la chronologie des médias au Japon doit être révisée car les japonais vont de moins en moins au cinéma, le prix étant exorbitant et les nouveaux supports de diffusion s'améliorant rapidement.

    Malgré les avantages des nouveaux supports de diffusion pour les consommateurs, plusieurs questions économiques et même logistiques doivent être abordé en ce qui concerne les métiers du marché du DVD, qui sont les plus affectés par l’émergence et l’acceptation suivante d’une offre sur Internet. Pour expliquer cela, il faut se tourner vers un métier relativement mal connu : le faiseur de bonus. Dans une enquête réalisée dans Le Film Français, Catherine Wright révèle que cette profession est un nouveau métier, déjà menacé par le monde d’Internet. Par cette investigation, Wright explore la façon par laquelle le marché du bonus est affecté par l’émergence des nouveaux modes de diffusion tels que VOD et DVD HD. Elle pose la question  « quid des bonus quand les oeuvres seront accessibles en VOD? ». Elle maintient que « les avis sont partagés mais tout le monde s’accorde à penser que cela dépendra beaucoup du modèle économique». Elle souligne que « le secteur souffre plus encore d’un défaut d’image qui semble arranger tout le monde car il permet d’éviter que les ressources attribuées à la filière par le CNC notamment, s’éparpillent du côté de ces nouveaux métiers ». Autrement dit, à cause de ce  modèle financier, le métier souffle d’un manque de support de la part du CNC. Plus important encore, Wright sape cette théorie en révélant « l’impact dérisoire » des bonus « sur l’acte   d’achat ». Par exemple, en 2005, 86,5% des foyers ayant acheté au moins un DVD n’ont pas été influencés par la présence de bonus lors de l’achat. Par conséquent, il devient de  « plus en plus difficile de survivre » dans l’ère numérique à cause des exigences des spectateurs pour l’immédiateté et le manque d’influence des bonus sur l’acte de l’achat. Cependant, en abordant cette question sur la perspective explorée ci-dessus, qui souligne que le marché du DVD ne subit pas la moindre modification, l’introduction d’une dualité des supports (l’achat d’un film par téléchargement inclure aussi une copie du film sur DVD) plutôt que de remplacer l’un ou l’autre, permettra d’arriver à la conclusion que le métier ne sera guère affecté, à part si la structure de la VOD s’améliore correctement.

    Afin de s'adapter à la demande d'immédiateté en France, de nouveaux moyens de diffusion ont récemment vu le jour. La France étant à la traîne par rapport à d'autres pays (Etats-Unis, GB, Japon, etc...) au niveau de la VOD ainsi que d'autres systèmes de diffusion, elle se devait d'y remédier.  Ainsi, « cinétroc », qui a émergé sur l'Internet français, est un système basé sur l'échange de DVD (seul les DVD originaux sont acceptés, pas les copies, Divx, etc...) à la côte. Cependant, pour l'instant, les utilisateurs sont moins d'une centaine, mais cela risque d'évoluer assez rapidement et les fondateurs croient en l'avenir d'un tel commerce. « Cinétroc » est un système basé sur les prix du marché qui fixe la cotation de tel ou tel film, suivant sa date de sortie, son prix d'origine ainsi que sa rareté (côte allant de 1 à 10, comptée en points). L'abonné (car en premier lieu, il faut s'abonner : abonnement allant de 1 mois, pour environ 6 euros par an, revenant à environ 5 euro par mois) possède d'un certain nombre de points qui lui permet d'acquérir un DVD listé dans la bande de données. Ce système possède déjà environ 9000 titres de films, permet le troc de façon illimitée et vue que l'abonné devient propriétaire du film, il n'y a plus de pénalité de retard. Bien entendu, il existe un code de bonne conduite à respecter et une système de notation permettant de voir si la personne avec qui vous troquez est sûre. « Je veux, je reçois! J'ai, j'envoie! » est un résumé en quelques mots de ce site qui risque de séduire les cinéphiles, et toutes personnes aimant visionner des films. Bien que le concept soit innovateur, les risques de fraude sont bien présents, même avec un code de conduite. Néanmoins,  « Cinétroc » peut plaire aux consommateurs qui préfèrent sûrement échanger leurs DVD après les avoir vu que d'acheter encore d'autres DVD.

    Lentement mais sûrement, la France progresse vers une culture de l’immédiateté. Au debut d’avril, 2006 au début du mois d'avril 2006, France Télécom, Canal+ et TPS ont annoncé un accord avec Buena Vista International Televison qui vont enrichir leur offre de VOD. D'après le responsable de la VOD chez France Télécom (en 2005), celle-ci manquait de films récents, ce qui rendait les programmes peu attractifs pour le consommateur. Afin d'empêcher le piratage, les décodeurs distribués aux clients ne possèdent pas de sortie numérique.  Et aussi un autre système de VOD est désormais accessible depuis Wanadoo et aux abonnés de MaligneTV, un service « 24/24vidéo ».
 
   Malgré un retard assez flagrant de la France sur l'immédiateté du film, elle tente de se « moderniser » dans le but de faire accéder, à une demande de plus en plus croissante et pressante, cette immédiateté par la VOD et par d'autres systèmes de diffusion cinématographique.  Cependant, avec une telle immédiateté, le marché du cinéma en salle risque de faire une chute économique mémorable, les fréquentations des salles de cinéma étant déjà en constante diminution et fait de mal de la production française soulignant l’importance des nouvelles formes de diffusion qui plaisent aux spectateurs.  

    En conclusion, l’essentiel est « l’exception culturelle » et on doit la renforcer pour protéger la production française et encore plus la culture française. Mais quelle est la meilleure façon de faire face à la tendance de se tourner vers la globalisation des technologies? Quelle est la meilleure façon de maintenir en équilibre la régulation stricte du marché tout en tenant compte de l’innovation technologique, surtout sur le marché national du DVD. Une chose est certaine: si on peut acheter un film à l’étranger sur Internet par des moyens traditionnels ou même par téléchargement, on le fait au risque de tuer le marché hexagonal. Si on ne paye pas les taxes sur les films et les autres oeuvres audiovisuelles, l’effet est le même que celui du piratage. Le CNC ne recevrait pas les fonds nécessaire pour financer de futures productions. Cela souligne l’importance historique de la chronologie des médias en France, qui n’a pas changé depuis tant d’années et qui est structurée assez strictement. Cependant, on doit réévaluer la structure classique de la chronologie comme la structure même de la demande qui change durant l’ère numérique de nos jours. Peut être que la chronologie des médias classique n’est qu’une choix pour assurer la stabilité de la production française. Il y a beaucoup de façons pour financer les productions françaises comme par exemple, par des taxes prélevées sur le prix des places (TVA) et sur la télévision et la vidéo qui sont destinées à financier les aides automatiques et sélectives du CNC.  Peut-on envisager une charge additionnelle sur la vente des films sur Internet? Ou même sur les coproductions cinématographiques et télévisuelles, même digitalement sur Internet? Rien n’est certain car des entreprises essaient de satisfaire les demandes du public au niveau des productions numériques des téléchargements. De plus et plus, le succès des entreprises audiovisuelles compte sur la facilité d’achat pour le consommateur. Plus les achats seront nombreux, plus la production française va gagner d’argent, ce qui sera mieux pour elle. Toute activité audiovisuelle doit ainsi répondre à la fois à ces exigences de marché et aux objectifs d’une politique industrielle régularisée par l’état.


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Les auteurs voudraient remercier Pierre Chanuc pour l'expert conceil de langage.